On l’a beaucoup entendu ces derniers jours : « la cour des comptes suggère au gouvernement d’aligner le niveau des taxes du diesel sur le sans-plomb pour récupérer le manque à gagner ».

Cette déclaration a crée un mouvement médiatique :

un usager faisant le plein (en gazole) qui dit « Et voilà on va encore nous faire payer plus ! » ; un représentant d’association environnemental qui met en avant le « besoin sanitaire » vis-à-vis de la qualité de l’air ; les sociétés automobiles qui réclament le retour de la prime à la casse pour ne pas faire s’effondrer d’avantage les ventes (de voitures diesel) ; un ministre du redressement productif qui écarte cette hypothèse de taxe pour protéger le made in france ; une ministre de l’écologie qui en revanche dit travailler sur ce dossier ; etc …

Dans ce climat, les uns et les autres prennent la parole pour défendre tantôt la taxe au nom de la « transition énergétique », tantôt la non taxe pour défendre les consommateurs et/ou l’industrie française.

Qui a raison ? Qui a tord ? Ni l’un, ni l’autre.

Oui la transition énergétique doit continuer de se poursuivre, oui elle est créatrice d’emplois (que certains considèrent « non délocalisable », cela reste à démontrer), oui le diesel pollue d’avantage que le sans-plomb, etc …

Mais oui, la France a une industrie importante de raffinage, oui la majorité des voitures vendues ont des moteurs diesel, oui 60% des français roulent au diesel, etc …

Une solution miracle ? NON.

Alors oui, il faut poursuivre la transition énergétique car c’est, non pas une mode, c’est une nécessité. Mais non, il faut pas pour autant sacrifier une industrie (et les emplois qui vont avec). Cette taxe que propose la cour des comptes toucherait directement les ménages (tous les ménages y compris les plus en difficultés), qui verraient leurs pouvoirs d’achat baisser encore.
Rappelons que François Hollande a été élu avec la proposition de bloquer les prix quand la hausse est trop importante (ce qu’il a fait à l’automne dernier), et pas pour augmenter le prix du gazole de 20 centimes par litres.

Transition énergétique, oui ; asphyxie du « made in france » par des surtaxes, non.
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