La primaire se profile donc à l’horizon, avec le besoin d’exprimer clairement ses positions, ses différences, et ses priorités pour les différents candidats. Je vais donc, ici, vous proposer de lister les propositions de Manuel Valls, à partir de ses propos dans la presse, et à partir de ces deux derniers livres, tout en reprenant les grands titres du projet socialiste, puisque Manuel n’est pas contre, mais propose de le compléter.

Emploi, compétitivité, investissement, désendettement : Refaire de la France une nation qui compte.

« Nous devons d’abord accorder une priorité absolue à la création d’emplois. (…) Pour faire face aux enjeux de notre époque, la gauche devra ranger la revalorisation du travail parmi ses premiers objectifs ».

– Révision complète de la fiscalité sur le travail, avec l’élargissement de l’assiette pour redonner de l’attractivité au travail et pour renforcer l’opportunité de l’embauche.

– Mettre en place une flex-sécurité, en prenant exemple sur le modèle Danois selon lequel, une personne au chômage bénéficie d’un revenu de remplacement élevé et d’un accompagnement approfondi. En contrepartie, elle est incitée à accepter l’emploi qui correspond à son profil pour ne pas s’enliser dans le chômage de longue durée.

– Favoriser la croissance des PME. Le capitalisme dans lequel des individus prennent des risques en faisant des investissements  permet de créer de la croissance et des emplois. Il doit être favorisé. Cela passe aussi par la création d’une Banque d’Investissement.

– Plutôt que de créer 300 000 emplois-jeunes financé par l’Etat, il est préférable de favoriser l’emploi des jeunes par la fiscalité, et la réglementation du travail.

– Création d’une agence nationale de la croissance, pour permettre à l’Etat de financer des projets de création d’entreprises. Elle pourrait intervenir pour maintenir l’appareil industriel dans les entreprises frappées par les délocalisations.

– Il faut aussi revenir à une structure de faillite plus douce, du type Chapter 11 à l’américaine, pour permettre à l’entreprise de se restructurer sans fermer.

=> La Gauche doit, contrairement à la droite, apporter le soutien de l’Etat aux PME-PMI qui génèrent une économie performante.

– Il faut que la France se dote d’outils contraignants pour encadrer les déficits dans le temps.

– Tant que les comptes n’ont pas été assainis, nous devons refuser toute baisse des prélèvements obligatoires. Nous devons aussi remettre de l’ordre dans les niches fiscales.

Agriculture, environnement, énergies : changer de modèle pour vivre mieux

– Il faut réorienter les aides au profit des petites et moyennes exploitations, alors que ce sont aujourd’hui les grands céréaliers qui touchent la majeure partie de ces aides.

– Des moyens doivent être dégagés pour permettre aux agriculteurs de changer de mode de production, ou de leur garantir une reconversion vers d’autres métiers.

Pouvoir d’achat, salaires, pensions : rendre la vie moins chère.

– Assurer un revenu minimum pour tous, avec la fusion des diverses allocations au sein du RSA, en l’étendant aux personnes de moins de 25 ans.

– Il faut enrayer la baisse continue du pouvoir d’achat des personnes âgées. Pour cela, les pensions pourraient être indexées sur un indice des prix à la consommation.

– Nous devons renforcer la création de structure d’accueil pour les personnes âgées, et notamment de structures intermédiaires, évitant aux moins dépendants de côtoyer des personnes souffrantes de lourdes pathologies.

– Réformer les retraites durablement, en acceptant l’idée que ceux qui ont commencé tard à travailler, partiront donc plus tard à la retraite que ceux qui ont commencés très jeunes. De même, nous devrons mettre en place des exceptions pour les métiers les plus difficiles.

Réforme fiscale : davantage de justice, davantage d’efficacité.

– Remise à plat du système fiscal. Pour cela, Manuel propose la fusion de l’impôt sur le revenu et de la CSG. De la même manière, si une suppression de l’ISF était décidée, elle devrait être accompagnée d’une majoration de la tranche supérieure de l’impôt.

– Mise en place d’une taxation progressive du travail, avec un impôt négatif pour les plus bas salaires.

– Création d’une TVA-protections sur certains produits, afin de favoriser les productions françaises en danger. Cette TVA-protection devra être proposée à l’échelle de l’Europe dans un premier temps, et si elle n’est pas acceptée à cette échelle, alors elle devra être appliquée aux frontières de la France.

Services publics : priorité à l’éducation, à la santé et à la sécurité.

– Il faut réduire de manière conséquente les effectifs, et d’autant plus dans les ZEP, notamment en CP et en CE1 pour ne pas excéder 17 élèves.

– Intégrer le plus possible l’accompagnement éducatif dans le temps scolaire, et non le rendre facultatif comme l’a fait la droite (ce qui nuit à son succès), ni obligatoire, car il devient stigmatisant pour les élèves concernés.

– Arrêt du non remplacement de fonctionnaires partant à la retraite.

– La revalorisation salariale du métier d’enseignement est nécessaire. En contrepartie, on peut envisager la fin de la semaine de 4 jours, et le passage de 140 à 180 jours pour l’année scolaire.

– On ne doit accepter que les enseignants les moins expérimentés soient systématiquement affectés dans les établissements les plus difficiles. De la même façon, on doit assurer une vraie formation des enseignants.

– Une meilleure répartition des moyens et des compétences médicales est nécessaire.

– Les réseaux de soins doivent être renforcés. Le principe de liberté d’installation ne doit pas empêcher la mise en place de mesures incitatives pour favoriser l’installation des médecins dans les « déserts médicaux ».

– Nous devons installer au coeur des territoires une présence républicaine. Il faudra aussi convaincre les fonctionnaires les plus aguerris par incitation financière de prendre leur charge dans les zones difficiles.

– Il y a en France des « Zones de sécurité prioritaires » à définir, car l’enjeu n’est pas un problème d’effectif mais de répartition. Il faut pouvoir permettre la mise en place de vidéosurveillance, mais en ciblant les zones sous vidéosurveillance.

– Il faut cartographier la délinquance, de manière régulière, afin de pouvoir réagir, et réadapter la répartition des moyens sur le territoire. Il faudra aussi libérer les fonctionnaires de tâches qui n’ont rien à voir avec leur coeur de métier.

– Nous devrons redéployer des forces mobiles de la gendarmerie et de la police nationale sur le territoire.

– La gauche devra aussi, pour la mise en place de cette nouvelle police de proximité, retenir les leçons des dysfonctionnements de la première « police de proximité » instauré par la gauche, il y a 14 ans, et supprimée depuis par Nicolas Sarkozy.

– Il faudra redévelopper un programme national ambitieux de rénovation, voir de construction des prisons. Mais il faut aussi réfléchir à des alternatives, notamment pour les peines courtes, de moins d’un an, ou pour la « délinquance juvénile ».

– Pour les mineurs multirécidivistes, il faudra développer des Centres éducatifs fermés, dernier recours avant la prison.

Voila, je crois avoir listé l’essentiel des propositions de Manuel Valls, qui sont complémentaires au projet du PS, sans le dénaturer ou aller à contre-courant de ce qui est la base des propositions du Parti Socialiste.

Manuel Valls : ses propositions
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